10 novembre 2007
99 francs - Le Film
Fin septembre (et oui, j'ai un peu de retard dans mes posts), après un dimanche bien calme, j'avais rendez-vous avec B pour aller au ciné. Je tenais absolument à voir 99 Francs malgré le battage médiatique qui l'entourait, ayant tellement aimé le livre. Je l'avais lu à sa sortie, une époque où les francs avaient encore une réalité. Je tenais aussi à aller au ciné, ayant mes fameux tickets UGC de mon CE qui se finissaient le jour même. J'ai d'ailleurs dû en donner un pour éviter de perdre le troisième qui me restait.
On se retrouve donc avec B à UGC Gare de Lyon.
En fait, j'ai pas grand chose à dire sur ce film. Je n'ai pas été fan. Et pourtant il y avait Jean Dujardin, un de mes acteurs fétiche depuis 0SS 117. Mais là, comment dire? J'avais l'impression d'avoir en face de moi une caricature de chez caricature. Surjouant tellement Beigbeder qu'il ne ressemblait à rien.
Alors oui la mise en scène est sympa, assez psychédélique, jouant sans cesse avec nos sens.
J'ai bien ri aussi lors des réunions de PPM (pre production meeting, les réunions pour caler tous les détails du tournage d'une pub), me voyant quelques années en arrière, dans mon ancien boulot. La situation est très bien décrite, avec une vision juste du caractère de chaque intervenant. A mourir!
Mais sinon, j'ai trouvé le film surfait, pas si drôle que ça et surtout passant un peu à côté de ce que dénonçait le livre. La société de sur-consommation dans la quelle on vit, avec le mythe de la réussite.
Déçu? Oui un peu.
N'y courrez pas. De toute façon, je ne sais même pas si le film est encore joué.
23 septembre 2007
Les films à ne pas voir ce week end... et le film qui sauve tout
En ce premier dimanche d'automne, je me dis que le temps est propice au cinéma. Je me dis aussi que cela fait un moment que je n'ai pas relaté les films que je suis allé voir. Rubrique inutile? Impression de ne pas être pertinent? Ou tout simplement flegme? Un peu de tout ça à vrai dire.
Seulement, je me dis que, récemment, j'ai vu des films qui ne valent pas forcément le coup d'être vus. Et qu'il serait dommage de ne pas les partager, pour vous éviter mes déceptions passées.
Boarding Gate
Celui-là je ne me rappelais même plus le titre, il a fallu qu'allocine vienne à ma rescousse.
Pour fêter mon retour de vacances et mes bonnes résolutions culinaires, j'ai organisé un petit dîner pré-ciné à la maison. Dam Dom était de la partie ainsi que B, M et ma voisine. Que des gens qui ne se connaissent pas. L'angoisse de celui qui invite. Heureusement tout se passe bien, les discussions vont bon train. Jusqu'au moment où il faut choisir un film. Entre ceux qui ont déjà vu celui là et ceux que cet autre ne tente pas, le choix fut difficile. Résultat: Boarding Gate.
Je crois que certains ont aimé; j'ai du mal à en dire autant. Un film sombre, filmé à l'épaule, avec une actrice qui joue comme un pied (Asia Argento). Une première partie où l'on ne comprend rien sauf qu'il y a des luttes de pouvoir diffuses. Et une deuxième partie où les explications sont plus claires (j'aime bien comprendre ce que je regarde quand même) mais pas tout à fait convaincantes. On comprend alors que le film s'inspire du fait divers qui avait vu un financier international assassiné dans sa propre maison à Paris.
Bref n'y allez pas.
Hairspray
J'adore les comédies musicales. J'ai donc convaincu A de venir voir ce film avec moi. Elle n'était pas motivé mais s'est laissée tenter après trois heures de ''Tu vas voir c'est génial!''. Elle n'aurait pas dû. Après une après midi ballade dans le Luxembourg, nous prenons place à l'UGC Odéon dans une petite salle pas propice aux films musicaux (il faut que ça pulse quoi). Et là, une heure et demi de niaiserie. Un film nul, où même la musique n'est pas top. Alors OK, l'héroïne se donne du mal pour nous mettre la patate, mais désolé, ça passe pas. Travolta est ridicule et pas crédible en femme obèse de 40 ans, l'histoire est naze.
N'y allez surtout pas. Allez voir Boarding Gate si vous voulez. C'est pour dire...
L'Age d'Homme... Maintenant ou jamais
B voulait aller voir le dernier Duris. Elle m'a tanné pour ça. Après notre visite du ministère de l'intérieur la semaine dernière, je cède donc à ses sirènes et nous nous dirigeons vers l'UGC Danton. Je me dis que Duris est un bon acteur, qu'il fait généralement de bons choix dans ses films et que cela ne devrait pas être trop mal. Mais là!!!
Entre un début pas très crédible où une voix off lui ordonne de se décider sur la suite à donner à sa relation avec la sublime Aïssa Maïga (pourquoi aujourd'hui?, on ne sait pas), des dialogues peu construits (l'interjection mec est utilisée une bonne centaine de fois en une demi heure) et un Romain Duris en de Vinci proférant des conseils sur la vie (c'est ridicule!), le film ne parvient pas à nous faire réfléchir à la problématique de l'engagement comme il en avait l'intention.
Très mauvais.
Dans ce festival de mauvais film, je suis quand même allé voir un film sauvable: La Fille coupée en deux ou la relation entre une jeune fille de 25 ans (la superbe Ludivine Sagnier) et un homme mur (magistral François
Berléand) dans l'univers de la petite bourgeoisie provinciale. Une galerie de portraits réussis, des acteurs grandiose, un thème bien traité... Un film à voir absolument (celui là je l'ai vu seul).
Alors si vous avez des propositions qui me permettent de voir plus qu'un bon film sur 4, je suis preneur.
01 août 2007
2 Days in Paris
Dimanche dernier, profitant de la première escapade en 10 jours du fils de ma belle mère, je devais rejoindre A pour un ciné. Au dernier moment, A a préféré aller au Parc Floral mais le temps a eu raison de ma motivation. Et il ne faut pas contrarier mes envies de ciné après plusieurs semaines d'abstinence. Je me rends donc seul à l'UGC Odéon à la séance de 16h25 pour voir 2 Days in Paris.
J'avais entendu beaucoup de bien de ce film. C'est tout. Parce que l'histoire, je n'en savais absolument rien. Je m'attendais à une bluette romantique sur l'amour et ses turpitudes. Ca me branchait bien.
Et au final j'ai découvert un tout autre film que ce à quoi je m'attendais.
Marion et Jack débarquent à Paris de retour de Venise. Ils doivent y passer 2 jours, pour récupérer leur chat, Jean Luc (j'adore), avant de retourner à New York. Et ce qui devait être un moment romantique tourne en eau de boudin.
Un film très drôle (j'étais surpris au début d'entendre des rires dans la salle), qui démontre les affres d'un couple vu de l'intérieur. Un couple et ses blessures. Un couple et ses déchirement. Les capotes françaises sont trop petites pour Jack, signe de l'étouffement dans lequel le plonge sa relation avec Marion. La galerie de personnage est hilarante, à commencer par les parents de Marion, Monsieur Delpy himself. Passant de la loufoquerie à la grivoiserie en deux temps deux mouvements.
C'est vraiment un film rare où les acteurs sont grandiose. Julie Delpy est vraiment un personnage hors du commun, qui réussit si aisément un très beau film. Adam Goldberg est incroyable en américain blasé et cynique.
Je suis sorti ragaillardi de ce film, le sourire sur les lèvres et le peps dans la tête.
Courrez-y! Et vite!
07 juillet 2007
Boulevard de la Mort
Pour la fête du cinéma, A me propose de nous faire quelques toiles ensemble, histoire de se retrouver et de papoter un peu. Après avoir choisi les films qui peuvent nous intéresser, nous nous retrouvons à Odéon, devant le MK2. Etonnement, elle est arrivée avant moi! Elle a les tickets pour Boulevard de la Mort entre les mains.
Retour dans les années 70. Un groupe de filles, plutôt ouverte et déchaînées, se retrouvent dans un bar pour discuter, boire et déconner. La présence d'un homme louche va les amener à vivre une aventure particulière.
Ce film est difficile à résumer. Il ne se passe pas grand chose. C'est plus un film de genre qu'autre chose. Le film où le réalisateur se fait plaisir en égrainant les clichés, la musique, les beaux plans...
Cela peut paraître abscons dit comme ça mais Boulevard de la Mort est un film qui se laisse regarder. Les musiques sont grandioses (comme toujours chez Tarantino), les images recherchées et les filles très jolies.
Ce film donne l'apprence de se passer dans les seventies mais quelques détails anachroniques sont troublants.
Pas un grand film mais un film qui donne du plaisir. Qui vous trotte dans la tête pendant plusieurs jours. N'y courrez pas mais allez y (c'est une nouvelle nuance).
28 juin 2007
Futur film
Je crois que cela va être énorme. J'attends sa sortie avec impatience. Si vous voulez en savoir plus, cliquez ici.
19 juin 2007
Les Chansons d'Amour
Il y a deux semaines, le week end avant les législatives, on convient avec Drine de se faire une toile. Notre rencontre lors de sa pièce avait été trop rapide, il fallait que l'on papote encore un peu. Rendez-vous est pris à l'UGC Ciné Bercy (pas ma salle préférée mais j'avais encore des tickets!). Le choix du film a été rapide, je l'ai quasi imposé (désolé Drine): Les Chansons d'Amour.
Ismaël est un jeune homme à qui tout réussi. Il bosse dans un journal (dont il est apparemment le boss), sort avec Julie et couche avec Julie et Alice. Drôle, dynamique, il est un peu le gendre idéal et tout se passe pour le mieux dans sa belle famille idéale... Mais, alors que leur trio amoureux vit sa vie, Julie perd soudainement la sienne. A la sortie d'un concert. Et là, la belle histoire d'amour va devoir se transformer...
Comment dire? J'ai adoré ce film.
Le concept m'attirait à la base: une comédie musicale moderne. Je suis un fan des Parapluies de Cherbourg et de leur charme suranné. J'avais plaisir à plonger dans un monde enchanteur. Je fus un peu surpris par la tournure sinistre du scénario avec la mort de Julie mais je dois avouer que la suite m'a remonté. Christophe Honoré a trouvé les mots justes pour parler de la disparition et de la vie d'après.
Comment Ismael pourra-t-il remonter la pente après un si tragique incident? Il va y arriver, seul, malgré le soutien de son entourage. Brillamment interprété par Louis Garrel (dont je ne suis pas méga fan à la base), le personnage va alors prendre une épaisseur inattendue. Les autres acteurs sont tout aussi bon. Mention spéciale à Chiara Mastroianni et à Grégoire Leprince-Rinquet (Ludivine Sagnier m'a un peu déçu et ce fut un petit soulagement de la voir vite partir).
Laissez vous bercer par les magnifiques chansons (et interprétations) qui perlent dans le film.
Laissez vous emporter par de belles histoires d'amour.
Le film est certes moins gai que ce que je croyais mais il est fantastique.
Courez-y, si ce n'est déjà fait.
04 juin 2007
Zodiac
En ce beau jour férié (je ne sais plus lequel), je retrouve T pour notre ciné régulier. On voulait le faire la veille mais l'appel de Heroes avait été trop fort. Rendez vous donc au MK2 Odéon pour Zodiac. C'était le film du moment,il venait de sortir, il avait bonne presse, nous y sommes allés.
L'histoire, vous la connaissez. Dans les années 70, un tueur en série fait frémir les Etats Unis. Sa caractéristique? Il communique avec des énigmes à la presse. Il fait peur. Tout le monde le traque. Dont un des journaux auxquels il écrit. Et dans ce journal, on retrouve le journaliste des faits divers et un caricaturiste coriace. Et ce dernier s'attache, s'investit, s'enlise... Il n'arrive pas à décrocher et va tenter de découvrir le mystère.
Basé sur des faits réels, le dernier film de David Fincher s'obstine à vouloir nous en faire le compte rendu fidèle, régulier et détaché. Il enchaîne les scènes dans le style des rapports de police. Très linéaire. Très chronologique. C'est long. Très long. On ne s'attache pas aux acteurs, les personnages secondaires sont baclés.
Perso, j'ai été déçu, très déçu par ce film. Aucun rythme. Pas possible de rentrer dans cette intrigue somme toute banale. Certains soulignent la virtuosité de Fincher. Je n'en retiens que la froideur, la langeur et la longueur. Je suis passé à côté de ce film. Impossible d'en dire plus.
Un conseil, n'y courrez pas.
03 juin 2007
Très bien merci
Juste avant mon départ en vacances, après un mois d'abstinence dû au visionnage frénétique de séries américaines à succès, j'ai repris la direction du cinéma. Toujours avec T. Un soir de semaine cette fois là. Un lundi ou mardi je ne sais plus. Un état de fatigue généralisé m'envoûte. Il me faut un film gai. T me propose Très bien, merci. Je ne sais pas ce que c'est, j'accepte. Rendez-vous au MK2 Bastille pour la séance de 22h.
Alex est comptable dans une petite société. Un soir, au retour du bureau, il assiste à un contrôle d'identité dans la rue, regarde, s'offusque et se fait alors arrêté. Commence alors un engrenage kafkaïen, qui mènera Alex dans la folie de la prison et de l'hôpital.
Difficile de dire autre chose au sujet de l'histoire de ce film. Au final, il ne se passe rien. Tout va lentement; on assiste impuissant au premier internement psychiatrique d'Alex sans trop savoir pourquoi. Puis au suivant. On rentre dans une folie légère, un sur-réalisme qui ne s'avoue pas, dans une dimension parallèle.
Ce film est un ovni.
Il nous montre, ne nous explique pas. Nous laissant dans nos doutes comme si les raisons avaient peu d'importance par rapport à la réalité. Ce n'est pas pourquoi qui nous intéresse mais quoi. Et ses consèquences. Comment une pauvre intervention à un contrôle d'identité peut déclencher la grosse artillerie et comment Alex va réagir à cela. Et s'en sortir.
Une performance d'acteurs incroyable: Gilbert Melki et Sandrine Kiberlain sont très bons en petites gens pommées et dépassées par le système.
Je ne peux pas dire que j'ai aimé ce film. Je n'en ai jamais compris le propos ni l'intention. N'y courrez pas.
La Vie des Autres
Pour se rattraper, après son lapin du vendredi soir, T m'a proposé un nouveau ciné le dimanche après midi. Pour voir le film que nous devions découvrir l'avant veille. Nous nous retrouvons donc au Gaumont Opéra (ou Premier, je ne sais jamais), par une fraîche soirée de mars, pour Le Goût des Autres.
Maintes fois commenté et adulé, ce film a reçu, vous le savez certainement, l'Oscar du meilleur film étranger. Dans l'Allemagne de l'Est, un auteur pas très contestataire est placé sous écoute par la Stasi qui cherche à tout prix à le piéger. Sa femme, une actrice à succès, en subit aussi les frais. La personne chargée des écoutes se prend alors d'affection pour le couple et tentera de dissimuler des éléments les concernant.
J'ai été assez surpris par les critiques dithyrambiques qui ont accompagné la sortie de ce film. Certes, il est bon, l'histoire est poignante, la tension à son comble, les acteurs fabuleux. Mais cela reste un film un peu longuet, bancal. Je ne me suis pas fait bercé par l'histoire de ce film comme j'aurai pu m'y attendre.
Après 2 mois, je garde un souvenir plus que discret de ce film. Certainement pas celui d'un très grand.
Si vous le souhaitez, marchez-y.
Les Témoins
Il y a deux mois de cela, un vendredi soir, crevé, je me fais poser un lapin par T avec qui je devais aller au ciné. Une fille.
Je maintiens mon ciné, l'organise alors plus prêt de chez moi. Je me fixe sur le MK2 Nation. Les Témoins, le dernier Téchiné. Il fait froid, je suis juste à l'heure.
Manu, jeune provincial, monte à Paris pour rejoindre sa soeur, qui vit dans un hôtel miteux de la capitale. Nous sommes au milieu des années 80. Dans un bois-endroit de rencontre pour gays, Manu fait la connaissance d'Adrien, médecin gay, qui tombe sous le charme du jeune homme. Il le prend sous son aile, l'invite à des diners, lui fait découvrir le monde gay et ses amis. Dont un couple. Sarah et Mehdi. Sarah est enceinte; Mehdi et Manu, après quelque temps, tombent dans les bras l'un de l'autre. Jusqu'à ce que le sida fasse son irruption et bouleverse l'univers des ces 5 personnages.
Magnifique! Téchiné a réussi à faire un film touchant, poignant et humain sur l'apparition du sida dans la société française, sur l'homosexualité et sur les années 80. Il ne tombe jamais dans la facilité des larmes lorsque Manu est malade. Au contraire, il nous présente le sujet sous son meilleur angle: l'angle de l'amour et de la destruction qu'il génère autour de lui. Et montre aux spectateurs que le sida n'est pas qu'une maladie de l'homme, mais que c'est une maladie de la société.
Les acteurs sont splendides, à commencer par Sami Bouajila et Emmanuelle Béart (et oui, ça arrive). Michel Blanc est merveilleusement juste dans son rôle d'amoureux transi et de soutien sans faille.
La mise en scène, discrète et pudique, sert le propos du film parfaitement.
Un des meilleurs films qu'il m'a été donné de voir cet hiver. Je ne sais pas s'il est encore joué. Si c'est le cas, n'hésitez pas.
Courrez-y!

