Cet adverbe me hante depuis plusieurs semaines. Tant il décrit bien l'état dans lequel je suis, l'état de ce que j'entreprends ou tout ce qu'il m'arrive.

 

J'ai presque fini de décorer mon apparemment : toujours un lustre à accrocher. Ou un cadre.

J'ai presque couché hier soir : juste galoché.

Je suis presque un mec bien : je ne mens pas à mes dates d'un soir mais je les laisse sans nouvelles.

J'ai presque fait un bon temps au semi de Paris : j'ai pas mal marché, de fatigue et de non envie.

J'ai presque rangé mes placards : un peu et je m'arrête.

Je suis presque un bon ami : on interprète mes silences ou mes remarques d'étonnement enfantin.

Je suis presque sexy : pas moche mais personne ne conclut avec moi.

J'ai presque un boulot qui me plaît : ça commence à me soûler grave.

J'ai presque pas dormi : quelques heures ces derniers temps alors que je suis crevé.

 

C'est comme si je n'arrivais pas à aller au bout des choses. Que je renonçais à finir ce que j'entreprends, que je me désiste au dernier moment, que je n'assume pas mes choix, ce que j'aime ou ce que je suis. Je survole.

Une prise de tête avec une amie parce que je ne montrais que peu d'entrain à ses propositions de week end ou de vacances alors que j'adore passer du temps avec elle... je me suis laissé glisser dans un confort dangereux dans lequel je ne réalise plus la chance que j'ai.

Ou cette autre prise de tête avec un ami au sujet d'une réflexion sur un détail physique, sensible pour lui, nouveau pour moi. Et ce sentiment de ne pas comprendre que l'on puisse questionner mon amitié et ma tendresse. Ce qui me rend presque aveugle à la souffrance que j'ai pu créer.

Ou cette indécision chronique quand il s'agit de partir en vacances : quoi ? où? avec qui? Ou quand il s'agit de faire des choix... Ou quand il s'agit de dire Oui, Non ou merde. Au lieu de contenter les autres, au lieu de me contenter, je finis par être évanescent, et presque ici et maintenant, alors que je suis parfois ailleurs...

 

La seule chose de bien que j'ai faite récemment, c'est de supprimer toutes les applications de rencontre de mon mobile. Comme un alcoolique qui se sevre. Je décroche pour ne plus souffrir, pour ne plus espérer, pour en finir avec cette quête insensée qui ne mène nulle part.

 

Tout cela est confus? Ca l'est. Pour moi aussi.

Je suis presque lucide.